Agent Skills : apprendre une tâche à votre assistant IA avec un simple dossier

Agent Skills : découvrez ce qu’est une skill, à quoi elle sert et comment écrire la vôtre pour apprendre une tâche répétitive à Claude, ChatGPT ou Copilot.

Agent Skills : apprendre une tâche à votre assistant IA avec un simple dossier

Vous répétez chaque semaine les mêmes consignes à votre assistant IA pour obtenir un compte rendu propre ou une vérification faite dans le bon ordre ? Les Agent Skills règlent ce problème : vous rangez ces consignes une fois pour toutes dans un dossier, et l’assistant s’en sert chaque fois que la tâche se présente. Voici ce qu’est une « skill », à quoi elle sert, comment en écrire une et dans quels outils l’utiliser.

Une skill, c’est quoi ?

Une skill (on peut traduire par « compétence ») est, selon la présentation officielle du standard, un dossier qui contient au minimum un fichier nommé SKILL.md. Ce fichier donne à l’assistant un nom, une courte description et des instructions pour réaliser une tâche précise. Le dossier peut aussi contenir des scripts (de petits programmes que l’assistant peut lancer), des documents de référence et des modèles. Anthropic la résume ainsi : un dossier qui apprend à un agent une tâche ou un domaine, accompagné des scripts et des documents dont il a besoin (traduction de l’anglais).

Une skill est un dossier : des instructions, des outils et des modèles, que l’assistant ouvre quand la tâche se présente.
Une skill est un dossier : des instructions, des outils et des modèles, que l’assistant ouvre quand la tâche se présente.

Pour se le représenter, pensez à la fiche de procédure que vous laisseriez à un nouveau collègue : « Pour un compte rendu, voici le modèle, voici les règles, voici les pièges. » La skill joue ce rôle pour l’IA. Le mot « agent » désigne ici un assistant capable d’agir, pas seulement de répondre : lire des fichiers, lancer un programme, enchaîner des étapes. Si cette notion vous est nouvelle, notre article sur les agents IA qui agissent à votre place la présente en détail.

Concrètement, la structure type décrite par la spécification ressemble à ceci :

ma-skill/
├── SKILL.md       (obligatoire : description et instructions)
├── scripts/       (facultatif : programmes à exécuter)
├── references/    (facultatif : documentation)
└── assets/        (facultatif : modèles, ressources)

À quoi sert une skill

La documentation de Claude Code donne un critère simple : créez une skill quand vous vous surprenez à recoller sans cesse les mêmes instructions, la même liste de contrôle ou la même procédure en plusieurs étapes dans la conversation. Au lieu de réécrire votre « prompt parfait » à chaque fois, vous l’enregistrez sous une forme que l’assistant retrouve tout seul.

Le site du standard met en avant trois bénéfices :

  • Transmettre un savoir-faire : une procédure de relecture juridique, une méthode d’analyse de données ou des règles de mise en page deviennent des instructions réutilisables.
  • Rendre une tâche répétable : une tâche en plusieurs étapes se déroule toujours de la même façon, et on peut contrôler ce qui a été fait.
  • Réutiliser d’un outil à l’autre : une skill écrite une fois fonctionne dans n’importe quel assistant compatible.

Pourquoi l’assistant ne s’y perd pas

Vous pouvez installer des dizaines de skills sans encombrer votre assistant, grâce à un mécanisme que le standard appelle la « divulgation progressive ». Au démarrage, l’agent ne lit que le nom et la description de chaque skill disponible. Quand votre demande correspond à une description, il charge les instructions complètes, puis, si besoin, les scripts ou les fichiers de référence. La spécification chiffre ce premier niveau à une centaine de « tokens » par skill (les unités de texte que traite un modèle) et recommande de garder le fichier SKILL.md sous les 500 lignes.

Comment l’assistant charge une skill : d’abord sa description, puis ses instructions, puis ses fichiers, seulement si besoin.
Comment l’assistant charge une skill : d’abord sa description, puis ses instructions, puis ses fichiers, seulement si besoin.

C’est la grande différence avec un fichier d’instructions permanent. Selon la documentation de Claude Code, contrairement au contenu d’un fichier CLAUDE.md, le corps d’une skill n’est chargé que lorsqu’elle sert. Si vous utilisez déjà ce type de fichier, notre article sur CLAUDE.md, le fichier qui donne de la mémoire à votre IA vous aidera à répartir les rôles : les faits durables d’un côté, les procédures de l’autre.

Dans quels outils l’utiliser

Anthropic a créé ce format en travaillant sur Claude Code, son assistant de programmation, et l’a publié comme standard ouvert en décembre 2025. Selon Anthropic, plus de 70 plateformes d’agents l’ont intégré depuis, dont ChatGPT, Cursor, GitHub Copilot et VS Code. Toujours selon l’entreprise, un million de skills ont été publiées et près de 280 millions installées. Ces chiffres viennent d’Anthropic et n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

Voici les principaux points d’entrée en octobre 2026 :

  • Claude (claude.ai) : d’après l’aide d’Anthropic, les skills sont proposées sur les offres Free, Pro, Max, Team et Enterprise, à condition d’activer l’exécution de code. Vous importez votre skill sous forme d’archive ZIP.
  • Claude Code : les skills sont de simples dossiers, à placer dans ~/.claude/skills/ pour un usage personnel ou dans .claude/skills/ pour un projet, comme l’indique la documentation de la plateforme Claude.
  • ChatGPT : l’aide d’OpenAI cite les offres Business, Enterprise, Healthcare et Edu, selon les réglages de l’espace de travail, mais la page des tarifs de ChatGPT affiche aussi les skills (en bêta) pour Free, Go, Plus et Pro ; vérifiez dans votre compte.
  • VS Code avec GitHub Copilot : le tutoriel officiel du standard explique que VS Code cherche par défaut les skills dans le dossier .agents/skills/ de votre projet.

Un point pratique à connaître : une skill ne se synchronise pas toute seule d’un outil à l’autre, sauf cas particuliers, comme Claude Code, qui récupère automatiquement les skills de votre compte claude.ai quand vous vous y connectez avec ce compte. La documentation de Claude précise même qu’une skill importée sur claude.ai n’est pas disponible dans l’API, et inversement. Portable veut dire que le même dossier marche partout, pas qu’il apparaît partout : vous l’importez dans chaque outil.

Créer votre première skill pas à pas

Prenons un exemple imaginé pour l’occasion : une skill qui rédige les comptes rendus de réunion de votre équipe. Le principe vaut pour toute tâche répétitive de votre métier, comme une procédure de vérification avant l’envoi d’un devis ou la mise en forme d’une note de synthèse.

1. Choisir une tâche précise

Une bonne skill couvre une tâche cohérente, ni trop étroite ni fourre-tout. Les bonnes pratiques du standard conseillent aussi de partir d’une expérience réelle : faites d’abord la tâche avec l’assistant dans une conversation, notez les corrections que vous avez dû apporter, puis transformez ce qui a marché en instructions. Une skill rédigée « à vide » par l’IA, sans vos documents ni vos règles, risque de rester générique.

2. Créer le dossier et le fichier SKILL.md

Créez un dossier compte-rendu-reunion, puis, à l’intérieur, un fichier texte nommé SKILL.md. Le fichier commence par un en-tête encadré de trois tirets, qui contient deux champs obligatoires, name et description. Suivent vos instructions, rédigées librement en Markdown, la syntaxe de mise en forme légère que les assistants lisent très bien. Voici une version possible, à adapter :

---
name: compte-rendu-reunion
description: Rédige le compte rendu d'une réunion à partir de notes brutes ou d'une transcription, selon le modèle de l'équipe. À utiliser quand l'utilisateur demande un compte rendu, un CR, une synthèse de réunion ou un relevé de décisions.
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# Compte rendu de réunion

1. Lis toutes les notes fournies avant d'écrire.
2. Remplis le modèle assets/modele.md sans changer l'ordre des rubriques.
3. Décisions - une décision par ligne, au présent.
4. Actions - pour chaque action, indique qui, quoi et pour quand. Si l'échéance manque, écris « à préciser » au lieu d'en inventer une.
5. N'ajoute aucune information absente des notes.
6. Termine par la liste des questions restées sans réponse.

Le champ name obéit à des règles strictes fixées par la spécification : 64 caractères au plus, uniquement des minuscules non accentuées, des chiffres et des tirets ; il ne doit ni commencer ni finir par un tiret, ni contenir deux tirets consécutifs, et il doit être identique au nom du dossier. Le dossier assets/ contiendra ici votre modèle de compte rendu, dans un fichier modele.md.

3. Soigner la description

La description est la pièce maîtresse : c’est elle qui permet à l’agent de décider s’il active la skill. La spécification demande qu’elle dise à la fois ce que fait la skill et quand l’utiliser, avec les mots que vous employez réellement. Une description comme « Aide pour les réunions » est trop vague ; listez plutôt les formulations que vous tapez au quotidien (« CR », « synthèse », « relevé de décisions »).

4. Ajouter un script seulement si nécessaire

Un script n’est utile que si une étape demande un calcul ou une transformation fiable, comme extraire des données d’un fichier. Les langages pris en charge dépendent de l’outil, Python, Bash et JavaScript étant les plus courants. Pour une première skill de rédaction, des instructions et un modèle suffisent largement.

Faire tourner la même skill dans deux assistants

C’est l’épreuve qui montre si votre skill est vraiment portable. Voici la marche à suivre décrite par les éditeurs, pour deux outils grand public.

Dans Claude

D’après l’aide d’Anthropic, en octobre 2026 :

  1. Vérifiez dans Settings > Capabilities que l’option d’exécution de code et de création de fichiers est activée (offres Free, Pro, Max ; option parfois nommée « Create and edit files » ; sur Team et Enterprise, c’est l’administrateur qui l’active dans Organization settings > Plugins & skills).
  2. Compressez votre dossier compte-rendu-reunion en archive ZIP.
  3. Ouvrez Customize > Skills, cliquez sur « + », puis sur « Create skill » et « Upload a skill ».
  4. Importez l’archive : la skill apparaît dans votre liste, où vous pouvez l’activer ou la désactiver.

Collez ensuite les notes d’une réunion et demandez « Fais-moi le CR de cette réunion ». L’assistant devrait reconnaître la demande grâce à la description et suivre vos instructions.

Dans ChatGPT

Si votre entreprise dispose d’une offre éligible, l’aide d’OpenAI indique le chemin suivant : dans la barre latérale, ouvrez Plugins, puis l’onglet Skills du répertoire. Choisissez Create, puis Upload from your computer. ChatGPT analyse la skill avant de la rendre disponible : il peut la marquer « Needs Review » (à examiner).

Posez ensuite la même demande, avec les mêmes notes, et comparez les deux comptes rendus. Si le format et les règles sont respectés des deux côtés, votre skill est portable. Le tutoriel du standard prévient qu’un modèle peut ignorer les instructions et répondre à sa façon : dans ce cas, le tutoriel conseille d’essayer un autre modèle ; vous pouvez aussi préciser la description.

Une skill peut exécuter du code : choisissez vos sources

Une skill n’est pas qu’un texte : elle peut contenir des programmes que l’assistant exécutera. La documentation de Claude recommande de n’utiliser que des skills de confiance, écrites par vous-même ou fournies par Anthropic, car une skill malveillante peut amener l’assistant à appeler des outils ou à lancer du code sans rapport avec son objectif affiché. OpenAI demande de son côté d’examiner une skill et de vérifier sa source avant de l’importer, surtout si elle vient de l’extérieur.

La règle pratique est simple : avant d’installer une skill trouvée en ligne, ouvrez le dossier, lisez le SKILL.md et regardez ce que font les scripts. Si vous ne comprenez pas un script, ne l’installez pas.

Ce que change le passage à une fondation neutre

Le 22 octobre 2026, Anthropic a confié Agent Skills à l’Agentic AI Foundation (AAIF), une structure hébergée par la Linux Foundation, qu’Anthropic a cofondée avec Block et OpenAI et à laquelle elle avait déjà confié MCP, le protocole qui relie les assistants à d’autres logiciels. Anthropic cède le nom, le logo, l’espace GitHub du projet et le site agentskills.io. Des ingénieurs d’Anthropic, de Google, d’OpenAI et d’autres entreprises entretiendront le standard à titre individuel.

Pour vous, rien ne change au quotidien : selon Anthropic, on peut continuer à utiliser le standard ou y contribuer sans adhérer à la fondation. Le changement est surtout une garantie : le format n’appartient plus à un seul éditeur, ce qui rend moins probable qu’il soit modifié au profit d’un produit. Anthropic propose une feuille de route avec des versions numérotées, une procédure formelle pour proposer des évolutions et des conseils de sécurité pour ceux qui écrivent et installent des skills. Le blogueur Simon Willison, qui suit le sujet de près, rappelle qu’il avait prédit ce transfert dès décembre 2025. À notre avis, c’est un argument de plus pour investir un peu de temps dans vos propres skills : elles ont de bonnes chances de rester utilisables quel que soit l’assistant que vous choisirez demain.

Pour aller plus loin

Commencez petit : une tâche que vous faites au moins une fois par semaine, une skill de quelques lignes, un essai dans votre assistant habituel, puis des retouches après chaque usage. Les skills apprennent à l’IA comment faire une tâche ; pour lui donner accès à vos logiciels et à vos données, l’outil complémentaire s’appelle MCP, que nous expliquons dans MCP : le protocole qui connecte l’IA à vos outils.

Sources

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